Celles qui attendent de Fatou Diome

Arame est l’épouse du vieux Koromâk qu’elle a épousé pour se plier à la volonté de ses parents comme ça se passe au Sénégal. Le poids de la tradition rythme la vie de ce village insulaire. Elle déteste son mari d’autant plus qu’il est malade. Elle à mis au monde deux garçons.  L’ainé est décédé, alors ses deux épouses ont quitté le village laissant à la grand-mère le poids de leurs sept enfants à élever. Son deuxième fils Lamine est condamné à faire vivre le clan, après des études inachevées à Dakar, il erre au village de petits boulots en petits boulots.

Bougna, l’amie de toujours d’Arame est la deuxième épouse de Wagane. Vindicative, jalouse, si elle a détrôné la première épouse au temps de sa splendeur après ses maternités le polygame est retourné vers sa première épouse dont l’aîné à fait des études prometteuses et fait carrière dans l’administration à la capitale. C’est l’ainé  qui fait vivre le clan et qui rend Bougna malade de jalousie. Bougna espère pour Issa son aîné la même destinée.

Arame et Bougna font vivre leur famille grâce à la bonne volonté d’Abdou l’épicier du village qui leur fait crédit, mais s’inquiète vivement de l’avenir de son commerce. Elles partent aussi ramasser des coquillages à marée basse Cette vie éreintante est leur quotidien. Bougna croit à l’El Dorado dès qu’elle entend parler de ses clandestins qui partent pour l’Europe, elle envisage de faire partir son fils Issa et convainc Arame de laisser partir aussi Lamine si elle veut que sa condition change.

Bougna calculatrice, oblige Issa à prendre femme avant de partir espérant ainsi qu’avec une femme au village il reviendra. Alors qu’Arame confie à Lamine, les secrets sur sa naissance, celui-ci disparait et embarque pour l’Europe. Arrivés en Espagne, c’est la galère, Sarkosy impose ses lois sur l’immigration qui font école en Europe. Les clandestins ont du mal à vivre, ont du mal à travailler mais aidés par les associations ils finissent par obtenir des papiers.

Bougna incite Arame à chercher femme pour Lamine, celle-ci étant une garantie de retour sur l’île. Arame arrache par duperie le consentement à Daba qui amoureuse depuis toujours d’Ansou quitte la proie pour l’ombre. Daba commence son calvaire, attendre un hypothétique futur mari parti en Europe, des envies de jeune fille l’assaillent et si Lamine au téléphone arrive à lui remonter le moral elle se fane petit à petit.

Coumba épouse d’Issa met au monde l’enfant qu’ils ont conçu avant le départ. Jeune femme ses désirs sont inassouvis, elle rêve de son mari, elle rêve de la tenir dans ses bras, elle rêve de l’avoir dans sa couche.

Toutes les quatre, Arame, Bougna, Coumba et Daba attendent le retour de leur fils et mari ou futur.

Excellent roman, qui nous fait découvrir, la vie, les rites, les coutumes d’un village africain. Une société matriarcale dans laquelle les femmes subissent la polygamie et ont seules en charge la subsistance d’une famille, d’un clan. La parade est importante même ceux qui n’ont rien offrent plus qu’ils n’ont.

Ecrire noir sur blanc que l’Europe n’est pas la panacée, que le rêve d’Europe des Africains n’est qu’un leurre, qu’ils galèrent, vivent comme des malheureux, sont bafoués mais armés d’une fierté ils n’avoueront jamais et laisseront leurs frères tenter l’aventure. Le paradis n’est jamais là où l’on croit.

Quatrième de couverture :

Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment
dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles
s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.
Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Biographie de l’auteur

Fatou Diome est née au Sénégal. Elle arrive en France en 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles La Préférence nationale (2001) ainsi que trois romans, Le Ventre de l’Atlantique (2003), Kétala (2006) et Inassouvies nos vies (2008).

un vidéo ici :  

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