La bouche qui mange ne parle pas de Janis Otsiemi

4ème de couverture :

Solo vient de purger trois ans de taule pour une bagarre qui a mal tourné. A sa sortie, son cousin Tito, un vrai dur, lui propose une affaire… Il lui suffit de voler une voiture, de l’accompagner sur un coup et de manger sa langue. Une sacrée bonne aubaine pour ambiancer toute la nuit et régler ses dettes.

Mais Solo se retrouve au cœur d’une embrouille qui pue salement la mort. Au Gabon, on murmure que certains politiciens n’hésitent pas à recourir aux meurtres rituels pour se maintenir au pouvoir.

Écœuré, effrayé, traqué, Solo prend ses distances et se planque, mais à Libreville les flics ont mangé des guêpes et ont fermement l’intention de lui faire passer le goût du manioc…

 

 L’auteur :

Janis Otsiemi vient de recevoir le Prix du Roman Gabonais pour La vie est un sale boulot. Ses romans écrits dans une langue sanguine et imagée dressent un portrait cruel et sans complaisance du peuple de la rue, écartelé entre sa survie quotidienne et les mirages d’une société toujours plus avide.

Ce que j’en pense :

Pittoresque ! Mon premier polar africain, je me suis régalé. Espérons que la société gabonaise ne soit pas aussi ripoux que l’auteur nous la montre ici. Du franc CFA tout le monde veut en croquer dans cette histoire. Ce bouquin va à toute vitesse, les situations s’enchaînent à travers Libreville, la capitale. Drogue, sexe et maraboutage font cavaler les flics à la poursuite de truands sans cesse inventifs.

Le fleuron est bien entendu les expressions imagées qui sont utilisées, dans le désordre :

  • – motamoter : apprendre par cœur.
  • – recevoir votre bouche : être soumis, accepter son autorité.
  • – avoir amouré : avoir des relations sexuelles.
  • – avoir bouffé des guêpes : être excité…

Le début du livre :

20 heures. Quartier La Campagne.

Solo descendit d’un taxi reconnaissable à ses larges bandes rouges et blanches. Il se dirigea vers un groupe de jeunes hommes paumés qui bavardaient sous un lampadaire sur le capot d’une voiture posée sur des cales de bois.

– Salut les gars ! Vous savez où il est, Tito ?

– Il est chez Thierry, répondit l’un d’eux. Solo s’en doutait.

Thierry était un dealer de yamba du quartier. Tous les petits durs que comptait le secteur se retrouvaient chez lui le soir pour fumer un joint à l’abri des curieux.

Solo traversa la rue et enfila un pivot entre deux maisons. Au bout, un portail de tôles rouillées.

Joe, Fred, Jimmy et Dodo étaient assis sur un banc dans la cour de la concession. Lorsqu’ils entendirent le portail s’ouvrir bruyamment, les deux garçons se mirent à cavaler comme des cinglés. Jimmy qui n’avait pas bougé d’un poil les rappela dans un rire fou.

– Qu’est-ce qui vous prend les mecs ? Ce n’est que Solo et son ombre.

Les gars arrêtèrent leur course et se retournèrent. Et Solo était là. Rigolard, il les observait. Emmailloté dans un survêtement blanc qui lui donnait l’allure d’un ditengu. Il se tordait de rire lui aussi, à s’en faire péter les poumons.

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