Nina le regardait entrer, le jaugeant, le soupesant comme un maquignon l’aurait fait d’une salers sur un marché aux bestiaux. Il s’était senti un peu gêné lorsque ses yeux se posèrent sur son entrejambe provoquant ainsi une réaction qu’il ne maitrisait pas. Lire la suite →
Leiloona nous propose chaque semaine de jouer avec les mots sur une photo qu’elle nous présente dans le cadre de son atelier : une photo quelques mots
Voici le quatrième volet d’une série écrite pour le plaisir. Vous trouverez les trois premiers volets de l’aventure ci-contre, dans la rubriques CATEGORIES ensuite Nouvelles puis Séries et enfin Rue du pianiste Lire la suite →
Ce texte fait suite à rue du pianisteici et le vélo là.
Ils sont tous écrits dans le cadre de l’atelier une photo quelques mots chez bricabook, c’est ici
Sarah avait les larmes aux yeux. Elle ressentait plein d’amour pour lui et pour une fois qu’elle le voyait abattu, elle allait pouvoir lui arracher des câlins.
— Mais c’est quoi cet argent ? lui demanda-t-il à la fois inquiet et ahuri.
Le regardant d’un sourire malicieux du coin des yeux, elle répondit :
— Je l’ai piqué dans l’armoire de maman.
Décontenancé, il se leva vivement, la retenant simplement pour ne pas qu’elle tombe mais le sac de billets valsa sur le carrelage du couloir. Il arpentait l’entrée d’un pas vif, en proie à ses réflexions. Il répéta comme hébété :
— Tu l’as piqué à maman ?
— Oui. Elle acquiesça sans se départir d’un sourire qui lui mangeait déjà la moitié du visage. Cependant elle continua laconiquement :
— J’veux pas que tu t’en ailles.
Pee Pol se mit à ânonner les paroles "Pourquoi ? Parce que je t’ai attendue beaucoup et que je t’ai cherchée partout…" tout en singeant Michel Jonasz, en plaquant des accords sur un piano imaginaire.
— Si tu as volé cet argent, tu vas aller le remettre à sa place. C’est pas plus compliqué que ça.
Elle fit mine de bouder, ramassant les billets un à un, tranquillement.
— On va aller voir ta mère tous les deux !
Elle hurla, comme prise en faute :
— Non. Non ! réussissant même à décrocher quelques larmes de crocodiles.
En fait, il n’avait pas l’intention de lui faire une leçon de morale, ce n’était pas dans ces cordes. Il voulait juste rendre cet argent à Anne-Do, sa mère. Il avait bien compris que la petite ferait tout pour qu’il reste.
— Donne-moi ce sac et viens.
Il grimpait déjà les marches quatre à quatre jusqu’au deuxième étage. Son ventre vide réclamait pitance, il n’y avait pas pensé aujourd’hui. Frappant vivement à la porte, il entendit :
— C’est ouvert.
Il entra dans cet appartement qu’il connaissait bien. Anne-Do était en train d’écrire sur la table ronde dans un coin de la pièce. Il s’approcha, la regardant dessiner avec sveltesse des lettres rondes au stylo bleu.
— Te gène pas, lui dit-elle.
— Je ne lisais pas, tu sais bien que je trouve ton écriture très jolie.
— Hum …
Lui tendant le sac en plastique, il fit simplement :
— tiens !
— Tu n’en veux pas ? questionna-t-elle sans lever la tête de la lettre qu’elle rédigeait.
— …
— Tout le quartier s’est démené pour te sauver la mise en attendant des jours meilleurs et monsieur fait le fier.
— Comment ça ? Sarah m’a dit qu’elle avait pris cet argent dans ton armoire.
— Ben oui ! Elle l’a pris là. Mais avant qu’il y soit on a tous fait la quête un peu partout pour toi. Hier soir aussi pendant que tu faisais ton récital sur le trottoir.
— Mais je ne m’en suis pas rendu compte, reconnu-t-il tandis que le feu lui montait aux joues devant cet élan de générosité. Comment vais-je faire pour remercier tout le monde ?
— La façon la plus simple c’est d’inviter tout le monde à tes prochains récitals.
— Mon carnet de bal est plutôt vide en ce moment.
— Vas au Balto tout de suite, la boite à pendules. Nina t’attend. Elle a assisté à ta prestation hier soir, elle a quelque chose à te proposer.
— C’est qui Nina ?
— Agent artistique. Elle est black, coupe afro avec des grands yeux toujours étonnés
— Tu la connais ?
— Pas plus que toi.
Sarah avec un grand sourire fredonnait « Je veux pas que tu t’en ailles, je vais casser les murs, casser les portes et tout bruler ici. »
C’est en quelque sorte une suite à : rue du pianiste ici
Pee Pol n’avait rien d’un saint, chacun connaissait ses colères et ses beuveries aussi légendaires les unes que les autres. Lorsqu’il s’énervait sur son piano parce qu’un accord lui résistait, les touches malmenées criaient leurs douleurs sur les murs de l’escalier. Il pestait, fulminait et s’entêtait jusqu’à réussir quelles qu’en soient les conditions. C’était un entêté.
Ce petit vélo, il l’avait offert à Sarah, un jour ou quelques billets traînaient au fond de sa poche. Elle lui avait sauté au cou, et tout émue lui avait assené un baiser retentissant sur les lèvres, riant d’avance de sa plaisanterie. Il l’aimait bien, il avait même cru être son père avant que sa mère ne l’en dissuade. Lire la suite →
Une suite à la série commencée ici : Première enquête qui poursuit la série commencée que vous pouvez retrouver à droite sous l’architecture : Catégories, nouvelles, séries, Le Hérisson.
La route fut bientôt envahie par les voitures de police. Il y en avait partout même sur les champs entourant la maison, impossible de bouger, les rubans jaunes délimitaient la zone d’investigation.
Recueillir des empreintes de pas semblait totalement impossible tellement l’endroit avait été galvaudé. Les martiens s’agitaient dans leur combinaison blanche avec leur pince à épiler et leurs sacs en plastique.
Florian Courtois avait encore quelques soubresauts. Le carnage l’avait mis à mal. Son corps tremblait encore malgré le soleil précoce. Il essayait de penser, pour faire diversion, à des moments d’intimité avec Vanessa. Ce qui lui vint à l’esprit fut évidemment cette merveilleuse partie de jambes en l’air, en mai dernier, alors qu’entourés par tous les brins de muguet qu’il avait d’abord cueilli puis ensuite étalé sur le lit, ils avaient réussi une communion solennelle. Lire la suite →
Pee Pol Swinger avait le diable dans la peau. Aussi impossible qu’il fût on ne le voyait pourtant presque jamais sans son piano ! Bizarre…
Son Viel instrument raccommodé était son exutoire, sa fiancé, sa maitresse. Pas un seul jour il n’oubliait de le caresser. Il vivait avec lui et pour lui. Personne ne lui avait jamais été aussi fidèle.
Leur seule séparation fut lorsqu’il purgea les deux mois sans sursis dont il écopa pour insultes à agents. Le fait d’être enfermé entre quatre murs ne le gêna pas plus que ça. Mais ne pas avoir sa boite à musique fut sa réelle punition. Deux mois sans poser les doigts sur les touches, deux mois sans écouter le son qu’il en sortait, deux mois sans ressentir l’odeur du tilleul qui s’en échappait.
En sortant de la maison d’arrêt, il se frotta contre son piano pour en ressentir le manque. Pas un seul endroit qu’il ne toucha, il crut même que le piano en avait envie. L’ouvrant il en lissa les cordes coupantes, s’imaginant même étranglant le salopard de maton qui l’avait harcelé pendant son séjour derrière les barreaux. Mais salir ses cordes d’un sang indigne l’ennuya.
Ce jour-là, il avait plu. Le ciel avait déversé son trop plein avec violence. La rue brillait de ce laisser-aller. Le quartier était à la fois triste et lumineux.
Avec l’aide de ses voisins, installer son piano sur la chaussée pour faire un concert improvisé l’excita. Sitôt dit, sitôt fait.
La lumière exceptionnelle le grisait. Installé face à la chaussée avec une vue sur la place et l’avenue, il était dans un état d’excitation aussi intense qu’à son premier récital.
Les notes s’enchaînaient avec nervosité, On aurait dit que Fats Domino et Jerry Lee Lewis s’étaient donné rendez-vous sur le clavier tellement ça swinguait. Pee Pol était monté sur ressorts, ses doigts couraient sur les touches même si les partitions trempées avaient fini par s’envoler. Il connaissait par cœur ces mélodies et son talent lui permettait d’improviser quand un trille l’étrillait. Le rock and roll de la route était lancé et parfois un klaxon s’ajoutait à la mélopée.
Sarah temple, avec ses boucles blondes, était la première groupie du jeune musicien. Elle le connaissait celui qu’on surnommait le pianiste du macadam. Il habitait juste au dessus de chez elle, chaque soir pour qu’elle s’endorme il lui jouait la nocturne n°2 en mi bémol opus 9 de Chopin et bien évidemment elle s’endormait avant les dernières notes.
Mais ce qu’elle aimait le plus c’est lorsque il lui laissait une place sur le tabouret et qu’ils jouaient à quatre mains ce qu’il lui avait appris. Pour Sarah jouer avec Pee Pol était un tel bonheur qu’elle en redemandait.
Mais elle ne savait pas que ce soir Pee Pol donnait son dernier concert dans le quartier, demain l’huissier saisirait sans scrupule son dernier bien mais ce soir il avait envie de mettre le feu.
Incroyable le carnage qu’il y avait eu là-dedans. Pour sa première enquête sur le terrain, la nouvelle recrue Florian Courtois allait être servie.
Un voisin avait alerté la police alors que deux voitures allemandes, toutes vitres teintées, dévalaient l’asphalte à grande vitesse. Il pensait avoir entendu des coups de feu sans toutefois en être certain mais la coïncidence était inquiétante. Lire la suite →
Voici la suite de ma saga, Cesare Liricio dit Le Hérisson, flic aux méthodes peu orthodoxes, disparu sans laisser de trace, passe pour mort aux yeux de ses collègues. Sa compagne Luisa, flic également, a promis de le retrouver vivant. Elle est la seule à y croire. Ensemble, ils ont eu un fils, le petit Luigi, sur qui Graziella la baby-sitter, veille tendrement pendant les longues journées d’enquête de sa mère. Un soir se présente à la porte de l’appartement, son père le commandant Scarella, qu’elle n’a pas vu depuis 25 ans et qui rencontre pour la première fois son petit-fils prénommé Luigi comme lui.
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C’était une injonction. Le flic sur le pas de la porte forçait l’ouverture tandis que Luisa tétanisée ne bougeait plus. Elle réussit malgré tout à prononcer, la mâchoire serrée par l’émotion :
— Pourquoi ?
Ni Luigi ni Graziella tout à leur occupation n’avait entendu la sonnette retentir ou le cri médusé de Luisa. Elle articula cependant :
— Pourquoi ce silence ?
Lui ne voulait qu’entrer, sans avoir à s’expliquer dans l’escalier. Elle avait réitéré sa question avant qu’il ne réponde :
Voici une suite du Hérisson, mon flic. Histoire commencée il y a quelques temps. Vous trouverez les différents épisodes là sous l’architecture : catégories nouvelles, séries, le Hérisson. (en cliquant dessus tous les épisodes s’affichent.)
Pour mémoire, Cesare Liricio dit le Hérisson, flic véreux, muté en province à disparu de la circulation. Sans laisser de trace, sans indice. Évènement suspect aux yeux de Luisa sa compagne, flic aussi.
À la fin du dernier épisode, le fils Luigi qui arrive avec sa nurse Graziella, demande à sa mère : "on va voir papa samedi ?" Lire la suite →