Bon d’accord il faut de la pluie, je le conçois. Mais ai-je le droit de dire que je préfère le soleil ? J’occupe un pigeonnier au 27ème étage d’une tour de la région parisienne. C’est mon phare, je vois mais je n’entends pas.
Au début je passais mon temps à la fenêtre, j’essayais de dessiner des visages, de reconnaître les personnages dans la rue mais je ne suis pas physionomiste. De là-haut, un professeur, une putain ou un paroissien ne ressemblent à rien, aussi insignifiants que des fourmis.
Au début je me suis livré avec persévérance à mon sport favori : la procrastination, je me disais avec conviction "on verra demain." Et tout s’entasse, la crasse, la vaisselle, les détritus sur le clavier, même les pages des livres que j’arrache lorsqu’un passage me plait. Même le tapis persan est noir de poussière, plein de taches en décomposition, la putréfaction s’installe. Je pète dans la pièce où je suis, sans pertinence.
Je picore parce qu’il n’y a plus rien, les placards sont vides, ça pue sans doute ici mais je m’en fous. Je suis seul avec ma pivoine, c’est peut-être la seule plante qui vive ici et j’en prends soin. Pourtant le pollen est mon pire ennemi.
Je suis perdu, personne n’y peut rien. Je ne pleure qu’avec parcimonie. Je ne partage rien, sauf mes supplications avec ma bouteille de Pastis.
Je me poudre d’héroïne, je rêve de Jésus en pédalo sur le lac de Tibériade, je suis sans pardon. Je vais m’insérer dans mon néant, atterrir sur le plancher. Les cloches sonnent, les vaches sont aux près, les psaumes dans la nef et je suis persuadé d’être un pigeon.
Les deux pieds sur le rebord, je prie, je plonge dans ma paix, pardon.
Le manque d’oxygène au 27ème étage n’est pas la panacée.
Les plumes de l’année chez Asphodèle
Les mots à utiliser :
Poussiéreux – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer – page – perdu – pétillant – procrastination – pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.
Haaan ! Il ne faut pas avoir le moral en friche quand on vient te lire ! Waouh… Et tu m’as fait une surdose de P ma foi très élégante !
Tu ne dis rien pendant huit jours mais quand tu t’y mets… ^^
Ben je suis un peu perturbé ces temps-ci et l’écriture n’est pas mon envie première. Je me suis amusé avec les P pour rattraper les O que j’ai sautés.
Purée ! (oui encore un mot P, ça le fait non ?)… Quel drôle Personnage que tu nous Présentes là. Un Perdant, un Perdu, un Piètre humain…j’espère qu’il trouvera le Pardon… au Paradis ou ailleurs
J’ai tellement Pris par ton Propos que je l’ai Presque suivi dans sa Peine… 100 Pourcents pour ta Prose !
Poinpoins 100%
Merci
..; Ah oui purée ! mais je ne pouvais pas tous les mettre. Enfin on va pas se puicider pour un rien !
Koin Koin, tiens j’ai mis un 2 tons !
Bon, ben là … Je dis bravo ! Il me plait ce pauv’ gars là ! Lui et son marasme…
En fait il a le vertige, -?
j’ai cru qu’il allait se prendre pour Icare, le Pauvre bougre…
Tu as bien fait de le croire…mais ce n’était pas à Icare qu’il pensait mais aux pigeons !
Pas pardonnable ton expression : "je pète dans la pièce où je suis, sans pertinence", n’est-ce pas mon Cher ! Personne ne pense donc comme moi ?
27e étage… juste pas possible pour moi ! mais pourtant, d’habitude, tu ne manques pas d’air !
C’est angoissant ton billet, pour me faire râler ? Gagné !!!
Bises d’O
Ce qui est bien avec toi c’est que tu es presque prévisible !
j’aime bien quand tu râles … Et l’O que tu signes, est-ce celle de Pauline Réage ?
Hello Homme de Seine

Hi hi hi, je te tends la perche aussi
Alors, j’ai dû me culturer chez M. G. En ce moment, je lui en file du pognon…
Madame Dominique Aury doit beaucoup plaire à Miss Aspho. Elle a traduit et fait découvrir son chouchou Fitzgerald, entre autre…
Moi je parle d’O. dans le Rhône, je ne suis pas écrivain
Bises de la Dame de Saône enfermée pour cause de pluie qui tombe…
Et cette dame n’aime pas la pluie ?
Non, la dame n’aime pas la grosse pluie qui mouille !
Ni le vent du Nord… faut que je quitte Lyon…
Ben oui… tu n’as pas le choix… Pars pour la Vendée il y fait toujours beau. ;-(
j’aime beaucoup ton texte et le désespoir de cet homme
Merci ! J’essaye de pas être drôle…et j’y arrive très bien !
Ca faisait longtemps que je ne t’avais plus lu, et je te redécouvre avec autant de plaisir qu’avant, même si ton texte est plus sombre que ceux que j’ai lu auparavant.
Mais dans le "sombre" j’en connais un rayon, j’ai progressé.
En fait je me suis mal exprimé, ma fin, mon angoisse est due au manque d’oxygène, simplement. Mias je pense m’être mal expliqué.
Rhooo làlà, j’adore l’assemblage des mots… Ma phrase préférée : "Je me poudre d’héroïne, je rêve de Jésus en pédalo sur le lac de Tibériade, je suis sans pardon. Je vais m’insérer dans mon néant, atterrir sur le plancher." Bravo bravo!! (et suite à cette lecture je vais me jeter par la fenetre. du 1er etage).
Fais gaffe il ne faut pas faire de mauvaise chute
Quant à cette phrase, il va falloir que j’arrête le pastis… Je l’aime, pas la bouteille, cette phrase.
Comme j’avais les mains moites et les pieds poites , je me suis dit qu’il me fallait ouvrir ma poite à malices. Il en est sorti une Poupée Précieuse qui me Pointe son Pied sur mon Profil. Me suis levé trop t^t ce matin !
Ha ha ! Mais il faut se lever tôt pour écrire !
Le désespoir est plus beau à lire que l’espoir…et quand je vois comment tu traites le P, vivement la prochaine lettre de l’alphabet…hum hum !
Je crois mon pauvre ami qu’Asphodèle nous fera pas le Q de sitôt.
Ce sera le Q d’été… Je crains le pire, vraiment
Le Q au soleil ? mais ça pique non ?
Encore un qui se prend pour Birdy.
Le ton y est en tous cas.
J’aime la manière dont tu nous entraînes des sommets aux bas-fonds.
Merci Sophie… Je délire bien souvent tu sais !
Un texte coupant, un héros en mal de vivre… Dis-moi, j’espère que ce n’est pas autobiographique?!
Oh non ça ne l’est pas ! Je ne pourrai pas vivre là-haut et ma vie semble devenir plus belle de jour en jour alors …